Contexte du projet

Le territoire transfrontalier entre l’Italie et la France est caractérisé par un aléa sismique modéré, se traduisant par une activité sismique régulière mais le plus souvent de faible ampleur. Malgré la relative rareté des séismes destructeurs survenant sur ce territoire, l’occurrence d’une telle catastrophe n’est pas à exclure, ce qui pose la question de notre capacité collective à l’affronter.

Se préparer à faire face à un tel événement dont les conséquences pour la population, l’économie et l’environnement seraient dramatiques de part et d’autre de la frontière, est une mission essentielle de l’ensemble des acteurs régionaux concourant à la gestion du risque sismique. Cette préparation est d’autant plus importante dans le contexte de sismicité modérée qui est celui de l’arc Alpin, que les périodes de retour des séismes destructeurs limitent l’expérience des services concernés, et ne favorisent pas la mise en place d’outils et de procédures adaptés.

Si la planification de l’organisation des secours aux personnes face à un séisme de grande ampleur est déjà relativement aboutie – tant en France qu’en Italie -, et bénéficie de l’expérience acquise en matière de secours dans le cadre d’autres catastrophes, l’enjeu demeure aujourd’hui d’une part d’appréhender de manière transfrontalière la problématique de la vulnérabilité physique des bâtiments et des ouvrages face aux séismes, et d’autre part d’être en mesure de dresser rapidement un paysage de crise par l’estimation de l’ampleur des destructions. Qu’il s’agisse d’intervenir de manière préventive en « temps de paix » dans le but de réduire la vulnérabilité de certaines constructions, ou au contraire d’agir dans l’urgence suite à la survenue d’un séisme afin de définir les modalités d’usages des ouvrages en fonction de leur degré d’endommagement, il apparaît nécessaire de mettre en place des outils et des procédures efficaces et partagées. En particulier, une attention particulière doit être portée aux problématiques :

  • de continuité/compatibilité des approches retenues pour le temps de paix d’une part, et pour celui de la gestion de crise d’autre part, en veillant à leur bonne articulation ;
  • du besoin des autorités de pouvoir prioriser leurs actions, tant pour le renforcement que pour le diagnostic d’urgence.

Par ailleurs, l’expérience acquise au cours des récents séismes destructeurs survenus en Italie,

  • confirme que le retour à des conditions normales est fortement influencé par la vitesse avec laquelle les autorités disposent d’informations relatives à la praticabilité des structures résidentielles, des infrastructures critiques et de certains ouvrages,
  • souligne l’importance dans ce processus des expertises locales (services techniques des collectivités, officiers spécialisés des services d’urgence, etc.) immédiatement en prise avec le terrain, en support et complémentarité de l’intervention d’experts en génie-civil formés au diagnostic d’urgence.

Objectifs et description synthétique du projet

Objectifs

Dans ce contexte, le projet RISVAL se propose de renforcer les capacités régionales de surveillance et de caractérisation rapide des séismes, et de développer de nouveaux outils partagés pour une meilleure qualification de la vulnérabilité des constructions. Cela permettra d’améliorer les mesures de prévention existantes ainsi que les éléments de planification de la gestion de crise, et participera ainsi à l’accroissement de la résilience du territoire.

Partenariat

Le partenariat est Italien (Région Val d’Aoste et Région Piémont) et Français (en Rhône Alpes ISTerre, en Provence Alpes Côte d’Azur, BRGM, CEREMA, Entente, Geoazur).

Il est composé de l’ensemble des représentants des acteurs de la chaine de la gestion du risque : laboratoires en charge du suivi instrumental du risque sismique, organismes en charge des « shake map », des méthodes d’évaluation de la vulnérabilité du bâti et de l’évaluation des conséquences dommageables d’un séisme et organisme en charge de la gestion de la crise et de sa préparation.

La mise en place de ce projet transfrontalier permet de faire appel aux compétences nationales de chaque pays dans le cadre d’ateliers d’échange.